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Psychosomatique et
Psychothérapie
La psychosomatique constitue pour le psychiatre et le psychologue, libéral ou hospitalier, un modèle riche de représentations sur l’articulation entre désordre psychique, maladie somatique et souffrance du sujet, inducteur d’attitudes et d’axes psychothérapiques particulièrement opérants. L’évolution de plus en plus technicienne de la médecine impose comme une nécessité l’élargissement de leur champ d’action psychothérapique aux maladies somatiques.
Trois points méritent d'être soulignés :
- Le désordre économique est constant dans les pathologies somatiques. Seule sa résolution permet d'aborder la dimension conflictuelle sous-jacente. Elle constitue un préalable. Le point de vue économique évoqué par Freud, sur lequel la psychanalyse s'est très peu étendue, fait référence à l'excitation instinctivo-pulsionnelle et ses trois voies de décharge : le psychisme, le comportement et le corps. Cette prise en compte de la dimension économique permet de comprendre certains mécanismes inducteurs de maladies somatiques tels que : l'afflux traumatique, la répression et la dépression essentielle ainsi que la clinique des états de démentalisation. De ce simple fait, la psychosomatique propose aussi un axe théorico-clinique incontournable dans la compréhension de l'évolution actuelle des pathologies (augmentation des désordres comportementaux, des addictions, des pathologies mentales induites par le besoin de maîtrise et d'immédiateté) qui se fait au détriment des névroses et, plus particulièrement, de la conversion.
- D'un point de vue nosographique, l'Ecole de Médecine Psychosomatique propose une distinction des mécanismes inducteurs de maladies somatiques, à savoir, les désordres économiques générateurs de maladies de l'adaptation, les fixations psychosomatiques dans lesquelles se potentialisent le désordre économique et le fantasme inconscient pathogène, enfin, la conversion pure.
- L'approche psychosomatique propose une extension du modèle psychanalytique, non-contradictoire avec celui-ci, en apportant des éléments nouveaux, plus particulièrement en ce qui concerne le devenir de la pulsion agressive, les systèmes topiques, la reconsidération du concept d'affect et l'articulation entre sentiment et émotion, la rementalisation thérapeutique, préalable indispensable à l'abord de la conflictualité intrapsychique inconsciente, la polyfactorialité de l'angoisse, la place du fantasme dans la genèse des maladies.
Le psychiatre et le psychologue clinicien dispose ainsi de représentations et d'axes thérapeutiques nouveaux dans son approche des patients présentant des pathologies aussi bien mentales, comportementales que somatiques.
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