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La psychosomatique

 

Définition

 

    La psychosomatique est une approche de la théorie et de la pratique médicale dans laquelle le fonctionnement du psychisme est considéré comme un co-facteur fondamental de santé ou de maladie, co-facteur en règle générale mal évalué dans l’approche médicale classique.  

 

     Il ressort de cette définition quatre points fondamentaux.

 

 1.   Le terme psychosomatique qualifie un type d’approche et non un type de maladie.

     Précision  fondamentale car l’utilisation abusive du terme "maladie psychosomatique" a créé un double clivage :

 

-        clivage au sein de la nosographie médicale qui de fait considèrerait que le facteur psychique interviendrait dans la genèse de certaines maladies et n’aurait aucune incidence dans les autres.

 

-        clivage théorique chez certains auteurs qui établissent une identité entre maladies psychosomatiques et « phénomène psychosomatique », terme qu’ils utilisent pour catégoriser les maladies d’origine non conversionnelle.

 

 2.   Le facteur psychique fait partie intégrante du déterminisme des maladies

     L’absence de prise en compte du facteur psychique est à l’origine d’un fondamentalisme organiciste qui s’étaye en général sur le modèle physiopathologique prévalent de l’époque, et induit des attitudes et des comportements purement techniques.

     L’évocation en dernier recours d’un hypothétique facteur psychique fait souvent suite à une mise en échec et induit un rejet du patient, étiqueté selon les cas de « fonctionnel », « hystérique », « hypocondriaque », « psy », etc.

 

 3.   Le facteur psychique ne constitue qu’un co-facteur

     Facteur parmi tant d’autres, génétiques, constitutionnels, fragilités somatiques acquises, facteurs toxiques, infectieux, etc., il est l’élément nécessaire mais non suffisant d’un faisceau étiopathogénique polyfactoriel. Il n’y a pas de cause strictement physique qui ne s’articule avec les déterminants psychiques, pas plus qu’il n’y a de cause strictement psychique qui déterminerait à elle seule l’éclosion d’une maladie.

     L’attitude opposée au fondamentalisme organiciste qui consiste à sur estimer la force d’un  appareil psychique qui à lui seul déterminerait la pathologie par le biais de mécanismes pour le moins mystérieux, est tout autant préjudiciable pour le patient qui se retrouve démuni et culpabilisé après des : « C’est dans votre tête »…  « C’est vous qui vous créez votre maladie »… « Vous n’avez rien, c’est psychique »… etc. 

     A un stade de plus, point culminant de la toxicité thérapeutique, ce sont les ravages de l’interprétation sauvage (« Vous grossissez pour prendre de l’importance… ») ou délirante (« C’est votre jumeau, mort in utero, qui crée cette douleur… »).

 

4.   Le facteur psychique est en règle générale mal évalué

     La méconnaissance de la structure et du fonctionnement psychique et de son articulation avec le soma induit deux types de représentations et donc d’attitudes fréquentes et inadéquates :

 

-        le facteur psychique induirait la pathologie de manière directe, sans l’intermédiaire d’un désordre physiologique. Nous avançons que ce dernier est constant même si sa présence n’est pas confirmée par les investigations techniques les plus sophistiquées. Notre approche ne reconnaît pas la distinction médicale classique entre « fonctionnel » et « lésionnel ». Dans toute affection somatique il existe un désordre somatique, temporaire ou permanent, objectivable ou non, y compris dans les phénomènes conversionnels. Rien ne permet d’affirmer à ce jour que le co-facteur psychique est plus prépondérant dans les affections dites fonctionnelles que dans les affections dites lésionnelles. Par ailleurs l’aspect fonctionnel d’une affection ne garantit pas systématiquement de sa bénignité, pas plus que l’aspect lésionnel ne garantit de sa gravité. On peut mourir d’un bronchospasme et s’accommoder très bien toute une vie d’une lésion eczémateuse.

 

-        un désordre psychiatrique serait à l’origine d’une maladie somatique. C’est en règle générale l’inverse.

 

     La méconnaissance de ces principes de base qui constituent le fondement de l’approche psychosomatique est donc à l’origine d’errances théoriques diverses, d’attitudes et de comportements inadaptés que l’on rencontre aussi bien dans le cadre de l’exercice de la médecine que de celui de la psychologie.

     Ces différentes attitudes ne sont pas l’unique apanage de médecins ou thérapeutes enfermés dans ses modèles théoriques, elles se rencontrent parfois chez le praticien le mieux intentionné. Les causes en sont une absence de représentations claires et opérantes sur le fonctionnement psychique et l’articulation psyché soma.  

    

La psychosomatique
© 2012